jeudi 29 janvier 2026

Stella Burns 2025

 


Plus aucun repère géographique, on regarde les étoiles pour savoir où l'on est. « Long Walks in the Dark » prend sa source de l'autre côté des Alpes, comme le plus spaghetti des westerns, il y a bien des cowboys en Suède. Le stetson bien vissé, on attend de voir apparaître Howe Gelb et c'est Mick Harvey qui vient rendre visite et tout valse à bord de ce long train noir à charbon.

Empoussièrement de nos contrées humides, il pleut aussi dans les saloons. « Stupid things » tourbillonne sur un banjo et la neige arrête de tomber.

Énième découverte ces temps-ci, un autre petit monde, « Satellite » danse comme un Gorky's Gygotic Mynci en Mariachi perdu. Déposer un vœux vain, mais vers quelle étoile irréelle.


Stella Burns 2024 « Long Walks in the Dark »

mercredi 28 janvier 2026

John Southworth 2025

 


Je suis à la recherche du beau bancal, le déclic depuis quelques temps, cet hiver bizarre avec ce nouveau grade sanguin sur les épaules. Calme contemplatif, Ed Harcourt a mis sur les voix. Chasser le rugueux, un peu de violons sur la mélodie folk, de chansons en albums, je tombe sur de beaux tableaux qui me conviennent. John Southworth est une de ces découvertes. Des châteaux en escale sous un ciel de belle fragilité, une petite grâce sur la peau, l'émotion d'une voix. C'est peut-être sur une île, une complainte amoureuse, un séjour ensorcelé de baladin hiératique. Asoret mélancolique où l'on danse mollement les traditions anglaises sans se parler. Et c'est beau, charmant et envoûtant avec un son parfait. Le quinqua à tout faire vient de sortir un joli disque.

John Southworth 2025 « The Red Castle » 

 

mardi 27 janvier 2026

Nesles 2025

 


Je pars à l'envers, c'est pas la première fois. La pochette en flash et tout de suite quelque chose brille. Dominique A dedans et j'accroche la rampe. La pochette. Je voudrais en tapisser tous mes murs. Le verni zinc sur des boiseries. Des petits îlots mouvants s'organisent alentours des échines comme un beau pays habité par Kanche et Murat. Un gouffre fleuri, une fondrière pleine de vie et du turquoise même au plus profond de la vase. Les idées cuivrées en phosphate hydraté, une soirée chrome d'aluminium baroque se dessine. Tout est minéral et ma féline ronronne. L'humus primitif tremble, j'ai vu mes premières Perce-neige sous le fusain. Elles sont belles et sonnent le jus à venir. Dureté arable de quelques tempi Mobiil, aval des beaux sépales indulines. Le tube pollinique en nymphe turgescente attend la poudre, à défaut d'érable. La pochette et les chansons avec.

Nesles 2025 « Barocco » 


 

dimanche 25 janvier 2026

Jana Horn 2026

 


C'est ma première excursion nouvelle cette année. En transition avec Ned Collette, une texane Lo-Fi a rongé tous mes nerfs encombrants. Oreilles américaines à plein tube, intimité absolue, j'ai échoué sur le débarcadère, l'intérieur des terres j'irai plus tard. Rien à foutre des audaces, le lourd soleil cendré n'est pas près de sécher mes fringues. Je laisse flotté, je suis un matelot immanquablement esseulé. Le grand delta ouvre sur la baie, je vais attendre contre cet ocre taillis, les roches sont belles, je hume les parfums d'eau douce, la belle matière organique tiède qui remonte des clapotis. Ça coule doux, lourd débit bien mou qui lèche la grève et digère le bel argile. L'accord amolli, la peau du fût cotonneuse et le chant bercé, je me suis assis près de Jana Horn à l'écoute.

Jana Horn 2025 « Jana Horn »

mercredi 21 janvier 2026

Ned Collette 2024


 

Nev Cottee, Ned Colette a s'y perdre. Le timbre, l'acoustique ambiant, le folk contemplatif, la voix ankylosée. Mélodies aveuglantes à tourner le dos à la marée du soleil, des ponts de lumière traversent les émotions. Lo-Fi, d'Angleterre ou d'Australie, ces derniers jours je me suis attaché à « Our Other History » de Ned, comme je l'ai fait pour Nev il y a quelques années. De la même façon.

Le soleil est encore bas, les paupières ne peuvent rien faire, mélancolie aveuglante oblique. On s'enlise, plus on avance, plus on se laisse grignoter, et la grande lumière pourchassée par des bleus profonds n'en finit pas de descendre. Les grandes tourbes de mon verre ambré dégouline sur mes impatiences, « Shot Through » juste après « Bridges of Sunlight » annonciateur tire vers l'acmé. Le piège de cet album est qu'il s'embellit au fil des chansons. « The kitchen tunnel » psalmodie la lente dérive qui va éteindre la lumière et bleuir les murs. Pochette sublime, un nouveau petit miracle folk me tombe dessus.

Ned Collette 2024 « Our Other History »

 

 

lundi 19 janvier 2026

Mélanie Pain 2025


 

Ah tiens, en manque de chlorophylle, même le persistant est tout recouvert de gris. Les magnolias flotillent dans mes souvenirs, les petits boutons au milieu des feuilles grignotées sont loin de cracher leur rouge.

Pour le coup il y en a un beau ici, flamboyant au beau milieu de quelques nuances de verts qui n'arrivent pas à éteindre ce cœur braisé. Volupté, grâce et disque moelleux pour le poêle, juste histoire de faire la nique au blue monday vorace qui glace les fenêtres. En attendant la nouvelle vague printanière, le joli et doux Pain chaud est là.


Mélanie Pain 2025 « How and Why »

mardi 13 janvier 2026

The Autumn Defense - 2025


 

J'aurais dû le deviner, ne serait-ce qu'à l'écoute de « Hearts arrive ». C'est une année avec de beaux restes Wilco. Le triple Tweedy a peut-être un peu étouffé ce duo automnale. Il y a de doux soli guitares sur des morceaux pop, c'est de plus en plus rare et moi, j'aime bien les petites pauses grattes qui élèvent et embellissement les chansons. Et c'est quand même le 6ème album des autres Wilco.

The Autumn Defense, miracle pop, déboule sur une vague de tiédeur balayant d'un coup de mélodie la vague polaire qui a figé mon humeur depuis des semaines. L'est à parier qu'on ne va pas le crier sur tous les toits ce disque et je me souviens des beaux artistes pop ainsi qui gonflaient mes étagères il y a quelques décennies, The Zephyrs, TRAM, Shacks, Mojave 3, Beta Band, Minor Majority, Elliott Smith ou encore les récents Modern Nature et surtout Bill Ryder Jones légèrement tourné vers George Harrison.

« Winter shore », je peux rester des heures sur ces rives-là à me laisser bercer par chaque élément à peine en mouvement... « Underneath the rollers » et revenir au bercail comme un cowboy fatigué.

J'ai bien fait de ne pas faire un bilan 2025, celui-là en aurait jarté un direct. Un grand disque pop à peine mélancolique, « More than I can say » de l'automne à plein nez.


The Autum Defense 2025 « Here and Nowhere »

Stella Burns 2025

  Plus aucun repère géographique, on regarde les étoiles pour savoir où l'on est. «  Long Walks in the Dark  » prend sa source de l...